Marc-Antoine Charpentier

Te Deum & Messe Rouge

Programme

Les quelques années passées en Italie dans sa jeunesse pour parfaire ses études musicales ont durablement marqué la sensibilité de Marc-Antoine Charpentier. On entendait dans la Rome des années 1665 des musiques démonstratives, colorées, profondes.

De retour en France en 1669, après avoir baigné plusieurs années dans la musique italienne dans toute sa diversité, Marc-Antoine Charpentier évolue loin de la musique du Roi, et entre au service de la très religieuse Mademoiselle de Guise vingt ans durant. Mais il n’en est pas moins très apprécié de Louis XIV et tente alors le concours de sous-maître de la Chapelle : se doutant des méthodes en vigueur et des jeux d’influence pour cette place éminemment convoitée, il se fait finalement porter malade. C’est loin des sphères du pouvoir, mais néanmoins à sa glorification, qu’il compose le très célèbre Te Deum H146, très probablement écrit pour célébrer la Victoire de Steinkerque de 1692. Cette puissante fresque dont le prélude s’ouvre aux rythmes martiaux des timbales et des trompettes symbolise à elle seule le Grand Siècle des arts, mais aussi des conquêtes, de Louis XIV.

La Messe Rouge ou Motet pour une longue offrande date de la dernière partie de la vie de Charpentier, cinquante ans et officiant à la Sainte-Chapelle. Le nom Messe Rouge provient d’une note destinée aux interprètes mentionnant « Motet pour la messe rouge du palais en 1702 » précisant que l’œuvre serait jouée pour la rentrée du parlement, dont les membres revêtaient leur robes écarlates de cérémonie et affluaient chaque année de tout le royaume pour tenir conseil une fois l’an au palais royal de l’Île de la Cité, ce motet fait partie avec le Te Deum des grandes œuvres sacrées de Charpentier convoquant un effectif considérable : solistes, chœur mixte, orchestre à cordes, instruments à vents et orgue.

Distribution
La Chapelle Harmonique (chœur et orchestre)
Valentin Tournet, direction